Mercredi 29 décembre 2010 3 29 /12 /Déc /2010 17:58

C’est bien connu que quand des gens « normaux » gagnent au loto, ils s’empressent de filer au soleil dans un palace pour mener une vie de nabab, et s’offrir le frisson de côtoyer les riches et les puissants pendant quelques semaines.

J’ai frayé avec les riches dans le temps, et franchement, qu’est-ce que ces gens-là sont ennuyeux et suffisants ! En plus, passer mes journées dans des endroits où le prix de la plus petite assiette suffirait à nourrir une famille d’ouvriers pendant une semaine, ça ne me donne pas l’impression de profiter de la vie. A chaque fois que je me suis retrouvée dans un milieu huppé, je me suis invariablement retrouvée à rigoler avec le petit personnel, de vraies personnes qui savent s’amuser sans avoir peur de se craquer le lifting.

Non, moi, si je gagnais une grosse cagnotte, je m’offrirais un truc parfaitement inutile, mais qui me ferait délirer à coup sûr, et dont le souvenir me ferait rire jusqu’à la fin de mes jours.

J’écrirais une espèce d’étude, une comparaison entre plusieurs grandes villes du monde (ben oui, pour qu’un plaisir le soit vraiment, il faut que ça implique mes petits doigts qui courent sur un clavier).

Je prendrais un nombre incalculable de taxis, un peu partout sur la planète, et à chaque fois, je dirais « SUIVEZ CETTE VOITURE ! »

C’est une phrase que j’ai toujours rêvé de prononcer, mais je n’en ai jamais eu l’occasion.

Imaginez un peu, un tour du monde des réactions des taxis. Savoir dans quels pays on m’obéirait sans broncher, sans questions. Je suis certaine que selon les cultures, un motif se dessinerait, une réaction commune selon les nationalités. Par exemple, je suis sûre que les français le feraient sans hésiter, mais en me noyant de questions pour savoir pourquoi. Peut-être que les japonais refuseraient tous, et que les boliviens n’accepteraient que selon certains critères. Allez savoir !

Et puis, en dehors de l’aspect « sociologique », quel bonheur, quel défi de devoir à chaque fois inventer une nouvelle excuse pour justifier de ma soi-disant poursuite ! Parce que je me mettrais comme impératif de ne jamais servir deux fois la même histoire. J’adore ça, devoir inventer des histoires au débotté sans avoir le temps de peaufiner ou de réfléchir.

Quand mes gamins étaient petits, ils aimaient que je leur invente des tas de contes, avec certains impératifs de lieu, de temps ou des personnages précis.

« maman, tu me racontes une histoire avec un chevalier et une girafe sur une autre planète ? »

Je m’imagine déjà, sautant dans des taxis, et faire chauffer mes neurones pour servir aux chauffeurs des histoires aussi abracadabrantes que crédibles, à chercher sans cesse le ton juste, le petit détail qui fait la différence, la mimique qui tombe à point voulu, pour qu’ils acceptent ma demande. De l’improvisation littéraire à usage unique, à « lecteur » unique, et qui ne laisse pas de traces.

Voilà où serait mon bonheur.

Ca vaut tous les 5 étoiles du monde ! Et de toute façon, le caviar, c’est dégueu.

Par charlie - Publié dans : bizarre
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