Partager l'article ! Prestigieux uniformes: C’est marrant, je n’ai jamais succombé à l’attrait de l’uniforme, contrairement à beaucoup de mes congénè ...
MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
C’est marrant, je n’ai jamais succombé à l’attrait de l’uniforme, contrairement à beaucoup de mes congénères.
Quand je vois un policier, fut-il extrêmement bien fait, je n’ai pas les ovaires qui s’entrechoquent et se lancent dans une samba effrénée.
J’ai une copine qui se liquéfie même devant les gars d’EDF, c’est dire l’effet de l’uniforme sur certaines femmes.
Objectivement, je suis tout à fait capable de reconnaître qu’en règle générale l’uniforme sublime le corps masculin. Il n’y a qu’à voir Richard Gere dans « Officier et gentleman »…
Quand je vois au hasard de mes ballades sur le net des photos de soldats bien droits, le cheveu bien coupé, et droit dans leurs rangers, je peux voir qu’ils sont craquants.
Donc, quelque part, je ne suis pas complètement marginale.
Mais ça se gâte dès que j’ai affaire à de vrais hommes en uniforme, juste là devant moi.
Qu’un flic, un gendarme ou un motard s’approche de moi, et je tends les mains pour qu’on me menotte. Et sans aucune arrière-pensée, croyez-moi ! Je flippe, je me sens coupable, je suis prête à tout avouer. Et le fait d’être innocente et de ne rien avoir à avouer ne simplifie pas les choses. Parce que si un jour l’un d’eux m’arrête pour une simple vérification d’identité et que j’avoue l’assassinat de Kennedy alors que je n’étais même pas née, je risque d’être dans de beaux draps !
Au mieux, je me prends une amende salée. Au pire, je me retrouve à l’asile. Vous croyez qu’on peut bloguer chez les fous ?
Alors tout à l’heure, en revenant de la pharmacie où j’étais allée acheter une boîte d’Advil, quand j’ai vu cet imposant motard se diriger droit sur moi, j’ai perdu les pédales.
J’ai d’abord vainement essayé de planquer la boîte d’Advil. Des fois qu’entre le moment où la pharmacienne me l’a vendue, et le moment où j’ai vu le motard, une loi soit passée déclarant l’Advil hors-la-loi. Ou, si ça se trouve, il est illicite depuis le début, et je ne le savais même pas ! Allez plaider que c’est pour votre consommation personnelle quand vous avez choisi la boîte de 30 au lieu de la boîte de 20 ! Aujourd’hui, il fait 35°, et je suis légèrement vêtue. Impossible de cacher l’objet du délit. Une grosse bosse rectangulaire dans le soutif ne tromperait jamais l’œil de lynx d’un motard de la police nationale !
J’ai discrètement passé mon bras droit dans mon dos (pose très très naturelle en marchant). J’ai ralenti l’allure, moi qui cavale toujours à l’allure de la parisienne qui veut choper le métro avant la fermeture des portes. Je ne sais pas marcher lentement, donc je suis arrivée à la hauteur du gars avec une allure forcément bizarre. Et qui dit bizarre dit suspect pour un flic…
Il a regardé ma main gauche, qui tenait mon porte-monnaie. J’ai rougi (ben oui, hein, pas de raison que ça n’arrive pas). Il y a peut-être aussi une loi interdisant d’exhiber son porte-monnaie dans la rue, pour ne pas peiner les SDF, ou un truc comme ça.
Quand on peut se faire traiter de mauvaise femme à cause d’une boîte de tampons sur un parking, tout peut arriver à cause d’un porte-monnaie !
Nous voilà donc tous les 2 face à face sur le trottoir, au carrefour, dans le silence lourd de l’après-midi. Pour un peu, on s’attendrait à voir un buisson d’amarante passer, poussé par le vent brûlant, et voir Clint Eastwood jouer de l’harmonica, nonchalamment appuyé contre un mur (je sais, normalement c'est Charles Bronson, mais j'ai le droit de trouver Clint plus sexy, c'est mon délire après tout, j'y mets qui je veux ! Si j'ai envie d'y mettre Colin Farrell ou, mieux, Sean Connery, je le fais, et toc !). Je me sens comme le vilain bandit que le shériff va descendre d’une seule balle. Et je ne saurai même pas pourquoi !
Je me suis arrêtée, lui aussi.
Il n’y a pas un chat dans la rue, je vais devoir affronter ça toute seule.
Ils sont où les passants qui passent quand on a besoin d’eux ?
J’hésite entre m’enfuir à toutes jambes en abandonnant tous les objets du délit inconnu derrière moi (mais il fait quand même sacrément chaud pour piquer un sprint, et en plus ma maison à moi est à 10 mètres, donc il me verra entrer et je serai encore plus foutue parce que chez moi j’ai de l’encens au jasmin, et Dieu seul sait ce que M. Muscles-moulés-dans-mon-uniforme pourrait trouver à redire à ça !) ; me jeter à ses pieds en hurlant « désolée, désolée, je ne le referai plus jamais, c’est juré ! laissez-moi la vie sauve, grand blond ! » (promesse super difficile à tenir puisque je ne sais pas ce qu’on me reproche, mais ça, il le ne sait pas) ; le soudoyer en lui proposant de mater mon tatouage sur la hanche (celui que peu de personnes ont pu voir, et qui les fait rire à chaque fois, les ingrats qui ne savent pas apprécier l’honneur qui leur est fait) ; ou tout simplement mourir d’un infarctus (et je crois que je viens de battre mon propre record de la phrase la plus longue).
Avant que je puisse me décider, il dit : « pardon, mademoiselle ».
Alors là, je suis perdue. Ça fait un bout de temps qu’à mon grand soulagement on ne m’appelle plus mademoiselle. Ils prennent des miros chez les motards maintenant ?
Et puis pardon de quoi ? De ce qu’il s’apprête à me faire ? Des abominables souffrances qu’il compte bien me faire subir pas plus tard que tout de suite ? De ne pas être capable de déclencher une dans de Saint-Guy dans mon utérus malgré son uniforme tout bien repassé ?
Ah ben non en fait. Je me suis arrêtée juste devant sa moto. Il veut juste enfourcher son métallique destrier et s’éloigner dans le soleil couchant (pas tout à fait vu qu’il était 3h de l’aprèm, mais c’est pour la beauté de l’image mentale que vous allez vous faire, et toussa) en chantant de sa voix rauque « I’m a poor lonesome motard », pour aller vaquer aux occupations des motards, quelles qu’elles fussent.
Encore un grand moment de honte pour Charlie. Les passants ont bien fait de ne pas passer, tout compte fait.
Alors, j’ai parcouru les quelques mètres qui me séparaient de ma maison à moi que même que j’ai la chance d’en avoir une (hé hé).
J’ai croisé un homme en costume, cravate au vent.
Coïncidence ? Je ne crois pas.
Un de ces jours, je vous parlerai de l’effet des costumes-cravates…
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