Partager l'article ! Pause pipi, 1ère partie: Moi je bois beaucoup, pour ne pas dire énormément. En fait, je dois tourner à un minimum de 3 litres de liquides ...
MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
Moi je bois beaucoup, pour ne pas dire énormément. En fait, je dois tourner à un minimum de 3 litres de liquides variés par jour (non, pas d’alcool, bande d’esprits mal placés !).
La nature est ainsi faite que ce qui est entré doit forcément ressortir. Et c’est là que les choses se gâtent.
Plus ça va, plus ça devient compliqué d’aller faire son petit pipi tranquilou si on n’est pas dans sa maison à soi.
Il y a des gus, on appelle ça des concepteurs, dont le boulot c’est de passer leurs journées à inventer de nouveaux moyens de torturer méchamment la pauvre nana innocente qui veut juste se vider la vessie.
Que ce soit dans une station-service d’autoroute, un mac’do, un resto, une administration, un gymnase… ça devient de plus en plus un chemin épineux d’aller faire sa goutte.
Ça commence dès l’entrée dans le box individuel. Un coup c’est un verrou, un coup c’est un loquet (qui ne se tourne jamais dans le même sens que celui de la fois d’avant), un coup c’est un crochet… vous remarquerez que quand on est dans la file d’attente du pipi-room, on entend systématiquement celles qui nous précèdent secouer la poignée pour vérifier que la porte est bel et bien fermée. C’est parce qu’avec tous ces systèmes différents, on n’est jamais vraiment certaine d’être bien enfermée (et la femme, contrairement à l’homme qui agite sans vergogne son engin dans toutes les ruelles même pas sombres, aime faire pipi à l’abri des regards).
Les mamans ayant répété à l’envi pendant l’enfance qu’il faut « toujours essuyer la petite goutte, pour éviter les infections urinaires », nous sommes ensuite confrontées aux sournois dérouleurs de papier. Vous savez, ces gros machins contenant un rouleau gros comme un Saint-Nectaire au départ, mais qui, pour une raison mystérieuse nest pas plus large qu’une soucoupe quand c’est notre tour. Pour réussir à arracher une malheureuse feuille, il faut rentrer la main toute entière dans le dévidoir, s’égratigner les poignets sur les dents acérées avant d’enfin accéder au papier. Et encore, ça, c’est dans les bons jours. Parce qu’en général, on choisit toujours la cabine dont le dévidoir est vide, et on n’a plus de kleenex dans le sac…
Ensuite, vient l’épreuve de la chasse d’eau. Difficile de nos jours de trouver une chasse d’eau normale, à l’ancienne (c’est-à-dire 20e siècle, je n’ai aucune nostalgie des chasses d’eau plus antiques avec le fil qu’il fallait tirer fortement en se demandant à chaque fois si le réservoir n’allait pas nous dégringoler sur la gueule), un simple bouton sur le réservoir que l’on pousse, et voilà. Trop simple… la chasse au bouton de chasse d’eau est un sport moderne, méconnu du grand public, mais qui compte de plus en plus d’adeptes involontaires.
Vous cherchez un bouton dans le mur ? Eh non, c’est une pédale planquée sur le côté de la cuvette !
Vous cherchez un bouton à pousser ? Raté, c’est une cellule à infra-rouge devant laquelle il faut passer la main (qu’un geste malheureux peut déclencher par mégarde pendant que vous êtes sur le trône, vous inondant le fessier).
Quand enfin, la vessie vidée, soulagée, vous sortez de là, épuisée par tant d’efforts, les lavabos sadiques vous guettent. Des robinets qui se déclenchent au pied, en appuyant, en passant sa main devant une cellule, etc… Les mêmes options que la chasse d’eau existent pour les robinets, MAIS, et c’est là que la cruauté des concepteurs s’élève au rang d’art, JAMAIS le même système que la chasse d’eau.
Et je n’ose même pas parler des distributeurs de savon, qu’il faut triturer dans tous les sens pendant 10 minutes avant de comprendre de quel specimen il s’agit et d’en obtenir un peu (généralement un machin rosâtre qui pue, en plus).
Mais le top du top en matière de WC, ça reste quand même la dernière toquade en date : les économies d’électricité. Je n’ai rien contre ça a priori, écologie, toussa.
On trouve les toilettes dont la lumière ne s’allume que quand on tourne le verrou, nous obligeant à passer une seconde parfaitement angoissante dans le noir complet. Les toilettes dont la lumière est sur minuterie, laquelle minuterie est toujours détraquée, et qui s’éteint toutes les 10 secondes. Dans le meilleur des cas, c’est à détecteur de mouvements, et nous voilà obligées de gesticuler comme un chimpanzé qui voit passer un régime de bananes (déclenchant alors la chasse d’eau à infrarouge dont je parlais plus haut). Parfois, c’est une minuterie qui ne se redéclenche qu’en appuyant sur l’interrupteur, à l’extérieur de la cabine. PFFFFF
Et il faut alors finir de faire pipi en ignorant notre esprit qui nous souffle que noir = monstres. Et trouver le papier, la chasse d’eau évoqués plus tôt DANS LE NOIR !
Les concepteurs de systèmes pour les chiottes publiques ont forcément tous eu une maman qui les obligeait à faire pipi assis quand ils étaient petits, et ont trouvé ce moyen d’assouvir leur haine des femmes.
Oh, les gars, consultez, merde ! On n’y est pour rien, nous !
Et voilà comment, par des journées caniculaires, après une rando exténuante, des groupes s’attablent à une terrasse de bar, et que les filles lancent d’une pauvre petite voix pathétique « rien pour moi, merci, sinon, je vais avoir envie de faire pipi »
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