Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 17:06

J’ai eu cet été une discussion longue et agitée avec une amie, à propos des sentiments familiaux.

Son idée c’est que l’on aime nos proches parce que ce sont nos proches, et pas parce qu’ils sont eux. Et qu’en réalité on ne les connaît que peu, voire pas du tout.

Je suis d’accord avec elle dans une certaine mesure.

Qui n’a pas rêvé un jour de pouvoir changer de parents, parce que les siens lui faisaient honte, l’exaspéraient ou étaient tout simplement détestables ?

Qui n’a pas un jour lorgné sur les enfants du voisin, lui enviant ses gamins si parfaits, un jour où les siens étaient particulièrement terribles ?

Qui n’a pas au moins une fois souhaité foutre le camp loin de tonton Robert ou tata Jeannine ?

Tout le monde l’a fait un jour, mais ça n’empêche pas de les aimer quand même.

L’amour d’une mère ou d’un père pour ses enfants est sans doute le plus solide au monde, car il perdure quoiqu’il arrive, et quoi que l’enfant fasse.

Un enfant continuera à aimer les parents les pires, même s’ils le battent ou le violentent.

Heureusement dans un sens.

Déjà que c’est super compliqué de s’y retrouver avec les familles multi-recomposées, imaginez un peu si on pouvait changer de parents, d’enfants ou de cousins en cours de route !

Par contre, je n’étais pas tellement d’accord avec elle sur le fait qu’on ne connaît pas vraiment ses proches. Je n’avais aucun argument précis à avancer, si ce n’est que je trouvais ça très triste. L’idée de passer des années entières à côté de personnes et de ne pas les connaître, ça me fait frissonner.

Et puis, j’ai toujours eu l’impression de bien connaître mes enfants, de pouvoir anticiper leurs réactions, leurs réponses.

Mais du coup, elle m’a mis le doute…

Et voilà que, pas plus tard que l’autre jour, mon plus jeune fils m’a prouvé que ma cop’ a tort.

Nous étions tous les 2 dans un magasin de vêtements, et il discourait sur les Pokémons depuis une bonne dizaine de minutes. D’un coup, sans qu’on sache d’où ça venait, il me sort :

« Tu sais maman, faut pas t’inquiéter, je ferai tout pour que tu n’ailles pas en maison de retraite, pour que tu restes libre chez toi le plus longtemps possible »

(notez au passage l’image ultra-positive qu’un gamin de 10 ans a des maisons de retraite…)

Je lui réponds que c’est très gentil de sa part.

Il me prend alors la main et ajoute :

«Si c’est plus possible autrement, je t’aiderai à te suicider pour que tu n’y ailles pas, tu supporterais pas de ne pas faire ce que tu veux quand tu veux »

Jamais je n’ai évoqué ce genre de choses avec ou devant mes enfants. Mais ça correspond assez bien à ce que je me suis toujours dit.

Hallucinant.

Pas de doute, mes gosses me connaissent par cœur !

 

 

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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