Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 10:15

Je suis gauchère. Ben oui. Et pas genre une gauchère à mi-temps, pas vraiment décidée. Non, non, la vraie de vraie gauchère.

Je fais tout avec ma main gauche : j’écris, je mange, je me gratte, je me lave, je m’essuie les fesses, je me coiffe, je me maquille… Si je me curais le nez au feu rouge, ça serait avec la main gauche.

Ma main droite, il faut bien l’avouer, ne me sert pas à grand-chose. De temps à autre, elle serre une autre main, pour être polie. Mais elle évite, parce qu’entre les mains moites, les mains molles et les poignes de fer ce n’est jamais bien agréable. De plus, elle rate la plupart des choses qu’elle fait.

En fait, ma main gauche est mon bras droit, et ma main droite un assistant un peu gauche que je n’utilise qu’en dernier ressort.

Et pourtant, par un mystère incompréhensible, c’est toujours sur ma main droite que mon vernis à ongles s’écaille le plus vite. Par exemple, là, au moment où je tape ces mots, mon vernis a 3 jours. La main gauche est impeccable, pas un accroc, pas une striure. Alors que la main droite est bonne à refaire. Le vernis sur l’index est pratiquement parti. Je vais donc me refaire la main droite sans toucher à la gauche.

Avouez que ça manque de cohérence !

Bon, en toute honnêteté, si je me penche sur les motivations de ma main droite à saccager ainsi son vernis, je peux facilement en trouver quelques-unes.

Si ça se trouve, elle a peur qu’un vernis trop parfait la dénonce comme inutile aux yeux des autres mains, et de se retrouver victime d’ostracisme. Alors que là, si une autre main lui demande « alors, ça gaze ? », elle peut répondre « m’en parle pas, je suis overbookée, regarde mon vernis ».

Ou alors, c’est l’angoisse. Elle s’écaille le vernis comme certains se rongent les ongles, déprimée par son existence oisive et sans but.

Ou encore, plus sournois, c’est une façon de m’obliger à lui accorder plus de temps qu’à l’autre.

Mais comment fait-elle ? Parce que quand même, en théorie rien de ce qu’elle fait ne m’échappe. D’autant que depuis que j’ai remarqué cette histoire de vernis, je la surveille de plus près, l’air de rien.

Je crois qu’elle profite de mon sommeil pour aller se frotter sur les murs, ou d’autres turpitudes inavouables pour écailler le vernis en douce.

Mais quelle salope !

Par charlie - Publié dans : vie quotidienne
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