Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /Juil /2010 15:01

J’allais commencer ce billet par la phrase « j’ai 2 gros défauts ». mais je me suis dit que vous alliez me tomber sur le rable, chipoter, ergoter sans fin sous prétexte qu’une telle phrase laisse à penser que ce sont les seuls, que je n’en ai pas d’autre, et toussa. Vous voyez, je commence à vous connaître, bande d’affreux !

Je commencerai donc ainsi : parmi la montagne de défauts qui me composent, j’en choisis aujourd’hui 2. Ca vous convient ? (si oui, c’est que vous n’êtes pas très bons en français, parce que « parmi la montagne », c’est plutôt bof comme formule, et toc !)

Le premier défaut, c’est une incapacité totale à fermer ma bouche quand il le faudrait.

Il y a un peu plus de 2 mois, j’étais conviée à une sorte de soirée « tupperlove ». Le principe est le même que les soirées tupperware : une représentante, quelques nanas  et une démonstration-vente de produits. Sauf que là, il s’agissait de produits coquins, sextoys, huiles de massage…

Sincèrement, on se marre bien, et même les plus timides et coincées des nanas finissent complètement pétées de rire. Cette fois-là, en plus, l’animatrice était vraiment au top.

Une quinqua géniale, appelons-la Nathalie (non pas pour préserver son anonymat, mais parce que c’est comme ça qu’elle s’appelle), bourrée d’humour et qui connaît bien ses produits.

A un moment, elle nous présente un lait pour le corps pour femme, aux phéromones humaines, en expliquant qu’avec ce lait, une nana peut attirer les mâles sans qu’ils comprennent ce qui leur arrive.

Moi, incurablement cérébrale, j’ai beaucoup de mal à imaginer les rapports hommes-femmes basés uniquement sur des histoires de glandes et de chimie. A quoi serviraient les films d’Hollywood dans ce cas ? Je suis très très sceptique et je le fais savoir à Nathalie. Qui insiste. Et j’insiste. Et elle insiste… Bref, au lieu de garder mon scepticisme pour moi, j’ouvre grand ma bouche.

Et c’est là qu’intervient mon 2e gros défaut : je ne sais pas résister à un défi intelligent.

Et Nathalie me met au défi de tester son produit une soirée, en sa présence. Et tope là !

Nos emplois du temps respectifs ne nous ont pas permis de mettre ce défi à exécution avant la semaine dernière. Surtout que, prudente, je ne voulais pas tester son zinzin en présence d’éléments masculins de moi connus.

Avant de partir, je mets un peu de ce lait sur mes épaules et mon cou. Nathalie m’a bien précisé de ne pas en mettre trop, à cause de l’efficacité du produit. Je n’en mets qu’un peu, mais surtout parce que l’odeur est assez bizarre. On croirait l’odeur qui s’échappe d’un placard de mémé. Et ça me branche moyennement de sentir la mémé toute la soirée. Donc j’y vais avec parcimonie.

Nous voilà donc, Nathalie et moi, nous rendant à une soirée chez des amis à elle. Une cinquantaine de personnes entre 30 et 50 ans, dont une bonne moitié de mecs. A vue de nez, 7 ou 8 gars en solo et le reste en couple.

Pendant la première demi-heure, rien à signaler, je vais de groupe en groupe, présentée par Nathalie, et tout se passe normalement. Je savoure à l’avance ma victoire. Hé hé !

Mais peu à peu les choses se corsent…

Les hommes commencent à me regarder avec insistance, et leur pupille s’allume de cette lueur spécifique qui annonce aux femmes que des pensées lubriques les traversent. Les premières remarques un peu grivoises fusent, des bras me frôlent, des épaules me touchent. C’est surprenant.

Je veux dire, je n’ai jamais eu de mal à me trouver des partenaires à chaque fois que je l’ai voulu, mais là, c’est trop, ça ne semble pas naturel.

En moins d’une heure, ils sont presque tous à mes trousses de façon plus ou moins discrète (à l’exception d’une poignée d’irréductibles parfaitement insensibles à mes phéromones, les minables). Dès que je me déplace, dès que je me tourne, dès que je fais mine de bouger, ils sont là, à l’affût. Je ne peux pas traverser une pièce ou le jardin pour me servir à boire sans sentir ces dizaines d’yeux concupiscents me suivre avec avidité.

Vous voyez ces rêves où on se trouve tout nu au milieu d’une foule ? Et bien, c’est exactement la sensation que j’ai !

Et en plus, leurs femmes, sentant bien qu’un truc pas net se trame, me foudroient du regard et me lancent des coups d’œil assassins à chaque fois que leur chéri me serre d’un peu trop près.

Jamais de toute mon existence je ne me suis sentie à la fois aussi vulnérable et aussi « objet » que ce soir-là. Et jamais je n’ai été tripotée par autant d’hommes dans la même soirée.

Franchement, les filles, la prochaine fois que vous envierez les formes de Cameron Diaz ou la belle gueule de Monica Bellucci, repensez à ce billet ! C’est un CAUCHEMAR d’être dans la peau d’une femme qui attise tous les désirs masculins. On a l’impression d’être un bout de viande lâché devant une meute de loups. Le tout en supportant le sourire goguenard de Nathalie.

Pour rien au monde je ne voudrais revivre ça…

Et dire que sur la notice du truc il est indiqué « couvrez généreusement votre corps ». Je n’ose imaginer ce qui se serait passé si je les avais écoutés.

Conclusion : ces saloperies aux phéromones marchent vraiment. Mais je vous conseille d’en réserver l’usage à votre chambre, pour raviver la flamme de votre couple. Mais n’en mettez surtout pas en société !!!

J’ai jeté la bouteille, et je vais honorer mon défi et payer un resto à Nathalie.


Je suis bien contente de ne pas être un sex-symbol, finalement.

Par charlie - Publié dans : bizarre
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