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MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
Il y a un domaine très féminin que l’homme lambda n’aura jamais la chance de comprendre, et ce, quels que soient les efforts titanesques qu’il pourrait déployer : les fringues.
Une penderie de fille, c’est la caverne d’Ali Baba, c’est le Saint Graal des copines, c’est l’antidépresseur, c’est la source de cris et de larmes…
Chez toute fille qui se respecte, on trouvera, au minimum les éléments suivants :
- Quelques pièces trop petites d’une taille, jamais portées, achetées pour quand on aura perdu ces quelques kilos en trop, si seulement on arrivait à se tenir plus de 3 jours à un régime.
- 5 tops noirs que l’homme verra parfaitement identiques, mais que l’œil exercé d’une fille différenciera au premier regard, à la longueur des manches, aux coutures ou aux boutons.
- Une robe à se damner, exemple parfait des rêves de princesse de toute fille, mais qu’on ne portera jamais, à moins d’avoir dégoté une invitation au mariage de Will et Kate, une robe que l’on enfile les soirs de cafard, pour regarder Love Actually en mangeant des noix de cajou et des pots d’Hagen Daasz.
- Un vieux pull informe, limite troué, que l’on traîne depuis la colo de ski de nos seize ans, et qui est comme un cocon rassurant pour se réfugier lorsque la vie se fait trop cruelle.
- Une collection de jeans à divers degrés d’usure, avec chacun sa particularité : celui-ci nous fait de belles fesses, celui-là nous allonge la jambe, un autre nous fait la cuisse fine. Il y en a généralement UN qui est parfait, mais qui n’a jamais le temps d’arriver dans la penderie, puisque sitôt lavé, sitôt remis.
- Des fringues qu’on n’aime plus, à force de les porter, mais qu’on garde quand même, au cas où… Des fringues qu’on n’a jamais aimées, mais qu’on garde quand même, vu ce qu’on les a payées… Des erreurs de casting en tous genres, mais auxquelles on n’arrive pas à renoncer.
- Et là, au fond, roulées en boule dans un coin, toutes ces fringues contre lesquelles on a une dent, avec lesquelles on est fâchées : celles qui ont osé devenir trop justes, nous rappelant qu’on s’est fait du lard, alors qu’on les adorait. Celles qu’on portait le soir où Chéri-chéri nous a larguée. Celles qui ont rencontré de la sauce tomate, de l’eau de Javel ou du cambouis, mais qu’on aimait trop pour se résoudre à les jeter. Celles, enfin, qui sont passées de mode depuis 10 ans, et qui nous rappellent que nous n’avons aucun sens du style.
Oui, en toute fille sommeille une névrosée du chiffon.
J’ai même connu une nana qui repassait toutes ses fringues et les pliait en glissant dedans un grand bristol, comme dans les magasins. Et qui piquait une crise de nerfs si on lui suggérait de porter le pantalon kaki avec le t-shirt rose, alors qu’elle avait acheté le pantalon kaki avec le t-shirt bleu ciel, et qu’elle refusait de mélanger les « ensembles ».
C’est bien simple, les filles et leurs fringues, c’est aussi fusionnel et obsessionnel que les mecs avec leurs canettes de bière.
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