Partager l'article ! Debout là-dedans !: C’est drôle comme le même mot peut recouvrir des réalités totalement différentes selon les individus ...
MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
C’est drôle comme le même mot peut recouvrir des réalités totalement différentes selon les individus. Un exemple au hasard : travailler…
Dans mon cas, l’exemple le plus frappant est « se réveiller ». je connais des tas de gens qui bondissent du lit dès que le réveil sonne, complètement opérationnels à la seconde où ils ouvrent les yeux. On pourrait au débotté leur demander de calculer 23% de 47,38, ils le feraient sans problème. Ils ont l’esprit superbement réactif même si on les secoue à 3h du matin pour une urgence. Je les admire, vraiment.
Pour moi « se réveiller » contient des contraintes de manière et de durée. Déjà, sans réveil, je ne me réveille pas. Enfin si, bien sûr, mais jamais à l’heure où il faudrait. Donc, quand le réveil sonne, mon cerveau doit envoyer à de multiples reprises le signal d’ouverture à mes yeux. Ils finissent par le faire, mais uniquement sous la menace de mon esprit. Du genre « eh les yeux, ça fait déjà 5 fois que je vous dis de vous ouvrir ! Si vous n’obtempérez pas illico, je vous colle une semaine d’insomnie ! » (il n’est pas commode mon esprit parfois).
Mes yeux étant de grands trouillards, ils finissent par obéir. Mais quiconque croirait que ça y est, je suis réveillée, se fourrerait le doigt dans l’œil (encore eux ?).
Quand j’ai ouvert les yeux, on entame juste la première étape d’un long processus. A ce moment-là, mon cerveau est en berne et se replonge dans les dernières bribes du rêve interrompu par la sonnerie maléfique du réveil. Mon cerveau adore dormir, et il adore rêver (je pense d’ailleurs que s’il gueule autant après les yeux, c’est qu’il est lui-même très contrarié d’avoir à interrompre brusquement ses délires oniriques). La preuve, c’est que quand il n’y a pas de réveil et que je me réveille toute seule comme une grande, mon cerveau n’engueule jamais mes yeux.
De temps à autre, le rêve est encore tellement présent qu’il me faut plusieurs minutes pour décider si les évènements qu’il contenait sont réels ou non. C’est ainsi qu’une fois je suis allée travailler avec la quasi-certitude qu’un de mes collègues était mort et enterré. Mais non, aux dernières nouvelles il se porte comme un charme.
L’étape suivante, c’est de tituber jusqu’aux toilettes. Malheur à tout être, humain ou bête, qui se mettrait sur mon chemin, il se ferait immanquablement piétiner ou bousculer. Seul mon GPS intégré me permet d’atteindre mon but, car mes yeux se sont contentés de s’ouvrir, ils n’ont pas encore daigné commencer à
voir.
Vient ensuite la plus importante de toutes les étapes : la douche. De temps à autre me vient l’idée saugrenue de ne pas respecter l’ordre naturel des choses, et d’aller boire un verre d’eau avant de me doucher. Ça tourne mal à chaque fois !
Ainsi, la semaine dernière, j’entre dans mon arrière-cuisine pour aller me servir un verre de lait avant la douche. Je suis bien restée 2 bonnes minutes à regarder stupidement le sol au fond de la pièce. S’y trouvait une espèce de masse informe, marronnasse, qui n’était pas censée être là. J’ai cru qu’il s’agissait d’une carcasse de chien crevé. Et mon cerveau, essayant d’être serviable s’est mis à mouliner, cherchant comment, et surtout pourquoi, un chien crevé s’était retrouvé là. Il n’a absolument pas cherché à analyser les éléments disponibles, et compte tenu de sa brouille quotidienne avec mes yeux a royalement ignoré les stimuli visuels qu’ils lui envoyaient.
J’ai alors avancé vers le « cadavre », descendant pour ce faire une petite marche. Là, mes pieds ont aussitôt envoyé au cerveau des messages affolés : c’était froid, c’était mouillé, c’était anormal. Mon cerveau n’a jamais eu trop d’embrouilles avec mes pieds, ils s’entendent bien. Il a donc tenu compte de leur étrange rapport pour enfin s’apercevoir que la pièce baignait dans 3 cms d’eau, que le faux-plafond s’était effondré, et que le clébard était en fait la laine de verre détrempée qui était tombée.
La même situation après une bonne douche, et j’aurais tout analysé correctement du premier coup et ça m’aurait évité de faire trempette dans de l’eau froide et crade.
Bref, je me considère comme réveillée, opérationnelle, et à vos ordres mon commandant, au moins 20 minutes après la sonnerie du réveil.
Ce qui réduit considérablement mon espérance de vie en cas de guerre, d’attaque de martiens ou de scénario de film d’horreur.
La vie est mal faite.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
vous répondez