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MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
La plupart du temps, je reste relativement stoïque face aux aléas que m’envoie le destin. Je me mets très rarement en colère, j’ai horreur des cris. Et je ne perds pour ainsi dire jamais mon sang-froid.
Mais comme il faut toujours une exception pour confirmer la règle, l’autre jour j’ai pété un plomb.
J’avais un rendez-vous très très important à 13h45.
Selon mon habitude de grande ponctuelle, je suis partie avec une avance confortable.
Ce n’est qu’une fois arrivée à l’entrée de la ville où je me rendais que je me suis rendue compte que j’avais oublié de prendre mon GPS. Et, en incorrigible naïve que je suis, j’ai bêtement pensé que je pourrais retrouver l’endroit précis où je devais me rendre sans l’aide de la blondasse du GPS. Après tout, j’y étais déjà allée moins de 3 mois auparavant !
Je suis sûre que vous avez déjà une idée assez nette de la suite : je me suis perdue. Ben oui.
Il me semblait bien que je devais prendre la 2e à droite au gros rond-point, alors je l’ai fait.
Et je me suis retrouvée au beau milieu d’un camp Rom (non, non, même sous la torture je ne dévoilerai pas l’emplacement de ce camp). A ce moment-là, il a bien fallu me rendre à l’évidence : une fois de plus, mon sens de l’orientation brillait par son absence.
Un coup d’œil à ma montre m’a confirmé qu’il était trop tard pour faire demi-tour jusque chez moi pour aller chercher mon GPS. Quelle que soit la décision que je prenne, j’allais être en retard. Et j’ai horreur de ça.
Est-ce la température élevée qui m’a fait fondre les neurones (32° en ce début septembre ! Ca devrait convaincre les mauvaises langues que le climat auvergnat n’est pas à chier) ?
Est-ce la fatigue de cette semaine de rentrée ?
Est-ce un sursaut d’orgueil débile à vouloir prouver que je ne suis pas totalement irrécupérable ?
Je ne sais pas, mais toujours est-il que j’ai voulu me débrouiller sans mon GPS.
J’ai appelé l’assistante du notaire, en lui décrivant du mieux que je pouvais l’endroit où je me trouvais, et lui ai demandé de me guider jusqu’à l’étude.
Obligeamment, elle l’a fait.
Et bien sûr, quelques centaines de mètres plus loin…les flics. Qui avaient une vue parfaitement dégagée de ma petite personne s’engageant en voiture sur un rond-point désert, téléphone à l’oreille.
Et que font les flics dans ce cas-là ? Ils vous arrêtent, pfff
La Charlie habituelle aurait juste rougi, bafouillé quelques excuses et pris son amende. Mais là, un truc a lâché dans un recoin de mon cerveau, et j’ai ouvert les vannes.
J’ai parlé au flic en chef du pourquoi de ma présence avec mon téléphone, limite en hurlant d’ailleurs (quoique avec ma petite voix, ça n’impressionne personne), en envoyant une suite de phrases presque incohérentes. Et j’ai parlé de la chaleur, du retard, que j’en avais marre de me perdre toujours partout, que je n’étais pas en train de papoter shopping avec une copine, que c’était bien quelqu’un qui me guidait, que j’étais en retard, que mince, j’en avais marre de toujours avoir la poisse…
Pas l’hystérie de la folle, mais plutôt le ras-le-bol d’une nana fatiguée.
Et je lui tendu le téléphone pour qu’il vérifie par lui-même. Je ne sais pas ce que la nana lui a raconté, mais il m’a rendu le téléphone.
Je m’attendais à la grosse prise de tête, en plus de la grosse amende.
Ben non.
Il m’a recommandé de noter les indications pour me rendre à ma destination, et c’est tout.
Pas d’amende, pas de sermon, pas de vérification des papiers. A sa tête, j’ai même senti qu’il était à la limite de me faire un gentil câlin d’encouragement.
Et, cerise sur le gâteau, une fois arrivée, la nana qui avait tout entendu au téléphone, a été super gentille avec moi.
Je crois que je devrais essayer plus souvent l’attitude « pouf de base qui règle ses problèmes à grands cris et en faisant de grands drames ». C’est drôlement efficace !
Et le lendemain matin, je reçois un avis de récupération de mon unique point de permis perdu l’été dernier pour un excès de vitesse (3 km/h au-dessus de la limite).
Se pourrait-il que mon ange gardien aie des velléités d’enfin se rappeler que j’existe ?
Non, faut pas pousser quand même.
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