Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 18:22

C’est l’histoire d’une fille. Plutôt gironde la gosse. Elle vivait dans un petit pavillon tranquille d’une banlieue calme, avec son père cheminot et sa mère infirmière en gériatrie. La vie s’écoulait gentiment. La gamine devenait peu à peu une jeune fille rêveuse.

Mais un jour, sa mère, usée par tous ces petits vieux qu’elle voyait mourir, tomba sous la coupe d’un gourou et se barra pour vivre dans une secte.

Pendant quelques mois, son père sombra dans une intense dépression. Pour son anniversaire ses potes lui offrirent une inscription sur Meetic. Il rencontra une pharmacienne divorcée avec 2 filles. Peu après, toutes trois vinrent s’installer dans le petit pavillon, qui ne comptait que trois chambres, et la cohabitation était difficile.

Alors la belle-mère s’arrangea pour inscrire la gamine à la fac de Saint-Denis, et l’envoya vivre dans un studio miteux de la cité des Francs-Moisins. Et sous prétexte de lui apprendre la vie, exigea qu’elle subvienne elle-même à ses besoins. Le père, abruti d’antidépresseurs, ne réagit même pas.

 Commença alors une véritable descente aux enfers. Toute la journée la gamine suivait ses cours, et sitôt le soir venu s’en allait faire des ménages dans les bureaux de la Tour Pleyel. Elle avait tout juste de quoi manger, et encore pas tous les jours. Elle était exténuée, et maigrissait à vue d’œil. Elle vivait la peur au ventre, car rentrant tous les soirs à plus d’une heure du matin, elle devait passer devant les bandes de racailles désœuvrées pour aller chez elle.

Elle faisait peine à voir, la pauvre. Peu à peu, elle sombra dans l’anorexie, et se mit à gober diverses pilules pour tenir le coup.

La seule chose qui la maintenait à flot était son amour de la danse. Elle rêvait de faire partie d’une troupe.

Et pendant ce temps, ses « sœurs » menaient grand train grâce aux bénéfices de la pharmacie, et faisaient leurs études à la Sorbonne.

Un jour qu’elle était venue rendre visite à son père, elle apprit en écoutant les 2 filles qu’elles avaient pour projet de se rendre dans la boîte de DJ Marcel sur les Champs, la boîte la plus hype de Paris. Elle proposa de les y conduire dans la voiture de son père. Les 2 autres n’ayant pas leur permis, elles sautèrent sur l’occasion d’éviter un long trajet en RER.

Une fois à la boîte, DJ Marcel annonça qu’il faisait un casting à partir de minuit pour recruter une danseuse topless, que les candidates devaient venir se présenter à son bureau à l’étage. En fait, la première partie du casting consistait à lui faire une pipe d’enfer.

Notre pauvre gamine avait dû plus d’une fois faire preuve de gentillesse envers les dealers de Saint-Denis pour se procurer ses cachets, et avait donc acquis une certaine expérience dans ce domaine.

Le prince de la nuit parisienne lui demanda de revenir le lendemain à partir de 23h30, pour faire ses preuves en direct, devant les clients

La gamine était découragée, elle était crevée, avait encore une montagne de  devoirs à faire et les révisions pour les partiels, et se demandait où trouver l’énergie pour danser une partie de la nuit.

Elle se rendit chez son dealer préféré, un mec sympa qui ne lui avait jamais demandé de faveurs sexuelles, et qu’elle soupçonnait d’être homo. Il lui refila une panoplie de cachetons variés quand elle lui expliqua son problème. Il accepta même de lui prêter son scooter pour qu’elle ne soit pas coincée si elle sortait de la boîte après le dernier métro.

« Mais », lui dit-il, « tu dois absolument être revenue avant 3h, c’est l’heure où les keufs font leur ronde dans le quartier, et j’ai pas d’assurance pour le scooter. Faudrait pas que tu te fasses choper avec ».

Comme il savait que si elle décrochait le job, elle aurait du fric pour lui acheter de la dope, il lui proposa également de lui filer un peu de pognon pour aller s’acheter un chouette string et des cache-tétons à paillettes.

A l’heure dite, la gamine était à la boîte, et chargée d’amphèts comme elle l’était, mit le feu au dancefloor avec ses déhanchements lascifs et ses poses suggestives.

Soudain, alors que DJ Marcel lui mettait la main au string dans les coulisses, elle s’aperçut qu’il était presque 2h30, et qu’elle devait filer si elle ne voulait pas avoir d’ennuis avec le scooter.

Sans perdre une seconde, toujours en string, elle sortit de la boîte et enfourcha le scooter direction Saint-Denis.

DJ Marcel, échauffé par leur séance de frotti-frotta, et voyant que tous les mâles de la boîte étaient plus ou moins en érection suite à sa prestation, n’entendait pas la laisser s’échapper comme ça, et la suivit dans sa BMW flambant neuve. Il savait juste qu’elle habitait Saint-Denis, mais rien de plus. Après des heures à tourner dans les cités, il finit par tomber sur quelqu’un qui la connaissait et qui put lui donner son adresse.

Au petit matin, il frappa chez elle. Elle ouvrit, abrutie des somnifères qu’elle avait pris, la chevelure en pagaille et le mascara dégoulinant. DJ Marcel demanda qu’elle le prît en bouche pour vérifier qu’il s’agissait bien d’elle.

Et il l’emmena dans sa BM.

Ils vécurent heureux, se firent plein de fric, mais n’eurent pas d’enfants, l’anorexie lui ayant bousillé les ovaires.

 

Par charlie - Publié dans : bizarre
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