Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 12:15

Contrairement à ce que pourraient laisser croire mes rondeurs diverses et avariées, j’ai toujours eu un appétit de moineau. Au grand désespoir de ma mère qui s’ingéniait à me faire avaler 3 bouchées à chaque repas.

Je ne suis pas gourmande, je n’aime pas tellement les gâteaux, je n’aime pas le chocolat. Enfin si, le chocolat blanc, et ma consommation annuelle doit s’élever à une tablette grand max.

En fait, je suis une publicité vivante pour l’alimentation équilibrée : je me nourris de légumes, de crudités, de fruits et de yaourts. Les  fois où je mange autre chose c’est en quantité tellement infime que ça ne compte pas.

A chaque repas de famille, à chaque réveillon, c’est la même rengaine : tu ne manges rien ! Tu cales déjà ? Comment ça tu ne finis pas ton assiette ?

Moi je suis du genre ni fromage ni dessert au resto.

Dans un sens, c’est bien, parce que me nourrir ne me coûte pas bien cher.

Mais le souci, c’est que je tombe très facilement en hypoglycémie. Avec le temps, j’ai appris à reconnaître les signes. Mais quand j’étais plus jeune, je tombais dans les pommes toutes les 5 minutes.

Se pâmer, ça a l’air super glamour quand on voit ça dans les films, mais en réalité, c’est vraiment nase. Il y a toujours un meuble ou un mur pour accueillir votre tête. Et jamais, jamais, aucun chevalier ne s’est précipité pour me recevoir dans ses bras, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Comme j’en ai eu assez de me retrouver avec des bosses sur le crâne (remarquez, ça explique peut-être certaines choses…), j’ai commencé à faire attention aux signes avant-coureurs.

Et dès que je sens que mon taux de sucre est trop bas, j’ingurgite un truc pour que ça remonte.

L’autre jour, j’avais rendez-vous à la banque, pour quelque chose d’extrêmement important, tout de suite après le boulot.

Pas le temps de repasser chez moi, et mes carottes râpées-yaourt du midi étaient bien loin (séparément, hein, pas en même temps, ça ne doit pas être très goûteux de mélanger les deux).

Je commençais à sentir les pulsations de mon cœur derrière mes yeux, des petits points noirs apparaissaient dans mon champ de vision, et je sentais le sang déserter mon visage. Sûr que dès que j’allais me lever, j’étais bonne pour m’évanouir une fois de plus.

Dans mon sac, un peu miteux, un carambar de mes enfants qui traînait. La fille de l’accueil m’avait dit que la banquière me recevrait avec une bonne dizaine de minutes de retard. Largement le temps de me siffler en douce le carambar !

Et je commence à mastiquer, du mieux que je pouvais. Un carambar ce n’est pas non plus le truc le plus aisé à déguster !

Et bien évidemment, la banquière me reçoit plus tôt que prévu, et vient me chercher au moment exact où j’avale mon jus caramélisé de travers et où je m’étrangle, projetant de la bave marronnasse devant moi. J’ai passé l’entretien, rouge de honte, à essayer de décoller subrepticement les résidus de carambar de mes dents. Elle n’a pas été dupe je pense.

Finalement, j’aurais mieux fait de tomber dans les pommes…

Par charlie - Publié dans : mésaventures
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