Partager l'article ! Au nom du père...: Je ne crois pas en Dieu. Mes rapports avec la chose religieuse ont toujours été de l’ordre de l’observation passive ...
MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
Je ne crois pas en Dieu. Mes rapports avec la chose religieuse ont toujours été de l’ordre de l’observation passive et réprobatrice.
De temps à autre nos chemins se croisent, brièvement.
Il y a eu par exemple cette longue et surréaliste conversation avec un prêtre ouvrier de banlieue dans mon adolescence. Mais avec le recul, ce type d’une étonnante culture était plus près de Voltaire que de l’idée qu’on se fait d’un curé.
Il y a eu aussi ces multiples accrochages avec des témoins de Jéhovah le dimanche matin sur le pas de ma porte. Ces gens-là m’horripilent au possible ! Ils ont loupé la part essentielle de leur développement qui consiste à accepter le NON. En plus, ils ont toujours dans le regard cette lueur de pitié qui fait que je me demande si par hasard ils n’auraient pas des infos sur mon futur que je n’aurais pas. Avec eux, même la plus bigote des mamies se demande si elle n’est pas Dexter dans son sommeil.
Il y a eu ces rencontres variées avec de fervents catholiques, juifs ou musulmans qui ont essayé de m’expliquer la teneur de leur foi. En vain.
Il y a eu aussi ce foutraque sur le parking d’Auchan l’autre fois (d’ailleurs à ce propos, RAS niveau parking, on dirait que les zinzins sont partis hiberner ou hantent d’autres lieux que les parkings, ouf).
Il y a eu aussi cette multitude d’églises, basiliques et autres cathédrales que j’ai visitées au fil des ans, parce que j’aime cette ambiance calme et méditative.
Bien évidemment, mes valeurs personnelles sont très proches des valeurs judéo-chrétiennes, question de culture, mais je ne me vois pas embrasser une quelconque religion. Si on regarde bien, elles ont toutes tendance à oublier leurs valeurs positives pour n’être plus que des enveloppes vides, tachées de sang.
Allez parler d’amour et de fraternité aux familles des médecins des abortion clinics dessoudés au fusil à pompe. Ou aux palestiniens. Ou aux gens mutilés par des bombes. Ou… la liste serait longue.
Bref.
Dimanche, j’étais seule chez moi, au 36e dessous. J’errais dans la maison en me demandant quoi faire de ma carcasse. Un vent infernal (Ah ah) soufflait dehors, et une énorme bourrasque s’est engouffrée dans le salon, faisant tomber un livre de la plus haute étagère de la bibliothèque. Directement sur ma tête, bien sûr (j’ai une réputation de scoumouneuse à tenir, moi)
Surprise, surprise (j’aurais bien dit « surprise, Sydney », mais il y a sans doute plein de gens qui n’auraient pas saisi). Un vieux livre de 1901, j’aime bien les vieux livres avec leur papier jauni. La sainte bible.
Une idée aussi sotte que grenue m’a aussitôt traversé l’esprit.
Il y a tout plein de films où les z’héros trouvent une saine inspiration rien qu’en ouvrant la bible et en lisant un passage au hasard.
Du genre l’ex-toxico repenti qui cherche un sens à sa vie. Il ouvre la bible et Paf ! il lit « Trucmuche, fils de Zinzinou le maçon, embrassa le métier de son père ». il devient maçon, construit une baraque pour une veuve éplorée qui a fui New-York pour une vie simple dans le Midwest (jeune et jolie, la veuve. Les veuves moches ou vieilles dans les films sont soit des harpies détestables, soit se font dézinguer dans la première demi-heure). Ils se marient, ont des enfants et il meurt d’un cancer à la fin du film, après une vie exemplaire au service de sa communauté. Mouchez-vous un coup.
Ou alors le gentil flic alcoolo un peu torturé qui n’a aucune piste pour retrouver le tueur dingue qui a tué sa sœur. Il ouvre la bible et bingo ! « cherche la réponse la plus simple, car le seigneur est ton ami » ou un bidule du même acabit. Et il comprend que le tueur c’est le maire de la ville. Il l’arrête et se marie avec la serveuse fatiguée mais drôlissime du Diner du coin.
Etc, etc…
Si ça marche dans les films, pourquoi ça ne marcherait pas en vrai ? Je n’ai qu’à ouvrir ce bouquin, lire au hasard, et ma vie s’en trouvera changée. Non ?
J’ouvre…
« Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un de la servante, et l’autre de la femme libre »
Super ! Me voilà bien avancée, tiens !
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