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MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
C’est un fait, les beaux jours arrivent. Oh, bien sûr, on risque encore d’avoir quelques journées très fraîches, qui alimenteront les conversations à la boulangerie. Mais dans l’ensemble, c’est parti pour plusieurs mois de températures clémentes.
Et les mollets vont enfin sortir de leurs gangues pantalonnesques ou collanteuses pour s’exhiber au passant. Les manches vont se retrousser, voire même disparaître au profit de jolis débardeurs. Quand le printemps sera bien installé, il sera de nouveau possible de lézarder quelque peu sur l’herbe en sortant de la piscine, en petit bikini plutôt que dans ce hideux une-pièce hivernal.
Va donc se poser de nouveau le problème du poil. Ce poil disgrâcieux, qui n’a toujours pas compris, après quelques milliers d’années de civilisation, qu’il n’est plus vraiment utile, et qu’il enlaidit les courbes féminines.
Il faut s’en débarrasser, à tout prix. Ça s’appelle l’épilation, et ça bouffe la vie de la plupart des femmes, d’avril à octobre.
La solution la plus efficace c’est l’épilation en institut. Je me demande si les hommes ont vraiment conscience de ce que ça peut être une visite en institut pour une femme. Et je ne parle pas de la douleur, ça, à force, je pense qu’ils ont compris que l’épilation se situe dans l’échelle de la douleur juste au-dessus du coup de coude dans l’œil et bien en-deçà de l’accouchement.
Avez-vous remarqué qu’il n’existe que 2 catégories d’épileuses ?
Il y a la brindille de 18 ans, au corps de rêve, à la coiffure impeccable, aux ongles parfaits. Cette nana, quand vous pénétrez dans la cabine et que vous la voyez, vous visualisez illico chacun de vos défauts physiques, auxquels vous ajoutez bien évidemment les poils hirsutes qui se dressent à divers endroits de votre anatomie. Parce que de toute évidence, quand vous allez vous faire épiler, c’est que vous avez une repousse suffisante pour que ça vaille le coup ! Aller payer plusieurs dizaines d’euros pour 2 poils microscopiques, ça serait n’importe quoi. Alors, vous n’avez qu’une envie : inventer une maladie aussi subite que contagieuse pour tourner les talons et fuir loin. Mais vu que ça fait déjà 2 mois que vous repoussez le moment, et que vos jambes ressemblent à des pattes de grizzly, vous rassemblez votre courage autour de ce qui vous reste de dignité, et vous restez. Et vous supportez tant bien que mal que la brindille, très professionnelle, ne pipe mot sur vos bourrelets et votre cellulite.
La 2e espèce d’épileuse, c’est la vieille plutôt forte, qui pue de dessous les bras, et qui a une haleine de phoque. C’est plus fort que vous, quand vous la voyez, sa blouse rose aux auréoles de sueur évoque immanquablement un officier SS. Et quand elle vous dit « détendez-vous », vous, vous entendez (avec un fort accent allemand) « mais comment osez-fous me montrer de telles cuisses ? On dirait de la gelée, fous allez faire 150 pompes de suite ! ».
Et vous l’imaginez brandissant un fouet. Avec de telles images dans la tête, difficile de rester zen quand la walkyrie se penche sur votre intimité, armée d’une bande de cire brûlante…
Et après on s’étonne que bon nombre d’entre nous préfèrent risquer les coupures et les cicatrices du bon vieux rasoir !
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