Partager l'article ! A nous de vous faire préférer la voiture: Dédicace au Colonel Moi j’aime bien les voyages et les hôtels (et faire l’amour sans reten ...
MAUVAISE HUMEUR
et si ça ne vous plait pas, tant mieux !
Moi j’aime bien les voyages et les hôtels (et faire l’amour sans retenue dans la chambre. Euh non, ça, c’est le début d’un article pour le numéro de janvier de « Chaudasses Mag », désolée). Malheureusement, ce sont les voyages qui ne m’aiment pas.
La dernière fois que j’ai fait un lointain voyage, je suis allée à Miami. Et je me suis pris sur la tronche un ouragan plus violent que prévu, dès le lendemain de mon arrivée.
Vous pensez bien que cela m’a rendue assez circonspecte, et que je privilégie dorénavant les déplacements en France. Et quand je me déplace en France, je prends le train. J’aime bien le train. On peut buller, bouquiner, roupiller, rêvasser, mots-croiser…
J’ai pris 3 fois le train ces 2 dernières années. Une fois je devais me rendre à Nevers recevoir un prix pour une nouvelle policière. PAF ! Mouvement de grève non annoncé. Le train n’a jamais quitté le quai de la gare, et j’ai pu m’asseoir sur la super cérémonie, les petits fours et le champomy. Une fois je devais me rendre à Paris pour une fête pleine de baseballeurs. PAF ! Mouvement de grève annoncé. J’ai pu à l’arrache dénicher un billet au dernier moment. En première classe, ça m’a coûté un bras et une demi-cuisse.
La 3e fois, je devais aller à Paris rien que pour le plaisir, flâner, et ramener une tonne de bouquins en anglais. Miracle extraordinaire : pas de grève, pas de problème, le train part à l’heure, ma place réservée n’était pas occupée par un indélicat, et la journée s’annonçait parfaite.
Sauf que, dans les trains il y a des gens. Et ces gens peuvent parfois se révéler bien pire que toutes les catastrophes naturelles du monde.
J’étais dans un compartiment, avec 5 autres personnes : une dame avec une petite fille de 3 ans, une mémé, un petit jeune et un gars qui présentait plutôt bien, la quarantaine rayonnante.
Il faut savoir que mon kharma est de toujours trouver sur ma route les gens les plus improbables, et qu’ils ont toujours tendance à me trouver très sympathique. Dernièrement par exemple, j’ai eu du mal à m’arracher des griffes laquées de rouge d’un travesti sur le parking d’un supermarché.
Environ 10 minutes après que le train se soit ébranlé, le gars de 40 balais a eu un petit creux. Bon. Il a sorti un sandwich soigneusement emballé de son attaché-case. Bon. Il l’a ouvert. Un sandwich au saucisson à l’ail, dans un compartiment de train, c’est déjà difficile. Mais à 9h du matin, ça devient limite gerbatoire. Si si, essayez.
Le petit jeune, lui, a passé les 3h30 de trajet à aller et venir, entrant et sortant du compartiment toutes les 5 minutes. Et bien sûr il avait une place près de la fenêtre, et moi près de la porte. Et vas-y que je t’enjambe, et vas-y que je te marche sur le pied, et vas-y que je te tombe dessus à cause du virage… au bout d’une heure, je lui ai demandé poliment s’il voulait qu’on échange nos places (la mort dans l’âme, ça m’aurait placée juste en face du saucissonneur fou), il m’a répondu « ben non, pourquoi ? » « non, comme ça ».
La petite fille de 3 ans, avec ses bouclettes rousses et son air angélique, s’est avérée être une parfaite peste caractérielle et colérique, affublée d’une mère sans aucune autorité. Et très bavarde de surcroît. Je pense qu’arrivés à Paris la totalité des occupants du compartiment était prête à la trucider à la première occasion. Elle a chouiné quasiment tout le temps pour tout et rien, la saloperie, avec cette petite voix aigüe à côté de laquelle une craie qui crisse sur un tableau noir est une musique céleste.
Et la mémé, ah la mémé ! Ma voisine de gauche, retraitée, qui allait voir ses petits-enfants, et qui disposait d’un éventail impressionnant de photos insipides de ses 3 enfants et de ses 9 petits-enfants. Elle me les a toutes détaillées avec toutes les anecdotes s’y rapportant. J’ai eu droit au récit complet de sa vie, en technicolor. Et à chaque fois qu’elle avait l’air de vouloir enfin s’arrêter, le connard au sandwich trouvait le moyen de la relancer. Comme il me l’a dit dans le RER un peu plus tard (nous allions dans la même direction) « j’aime pas lire, et de causer, ça fait passer le temps ».
Sauf que moi J’AIME lire, J’AIME le silence le calme et la tranquillité, J’AIME qu’on me foute la paix, J’AIME prendre le train parce que c’est censé être MOINS fatigant que la voiture et non pas PLUS.
Et après on s’étonne que des snipers fous se mettent brusquement à tirer sur la foule. Je suis sûre qu’en enquêtant on s’apercevrait qu’ils ont tous pris le train la veille.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
vous répondez