Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 15:02
ce matin, j'étais convoquée  au tribunal de grande instance, pour des raisons qui ne vous regardent pas, bande de curieux (si vous voulez des révélations croustillantes, lisez plutôt voici que ce blog).
déjà, à l'entrée, ça ne rigole pas : il faut vider ses poches de tout objet métallique, poser ses sacs sur un comptoir, et passer à travers un détecteur de métaux. pour une fois, ma poisse légendaire m'a laissée tranquille, et je n'ai pas fait sonner le zinzin. le gars devant moi, si. c'était sa boucle de ceinturon. franchement, au vu de la façon dont ça se passe, et au vu des 3 policiers chargés de ce boulot, on m'aurait demandé d'enlever mes lacets et de clopiner tant bien que mal jusqu'à la salle d'audiences, ça ne m'aurait qu'à moitié étonnée ! après la sonnerie du type, j'étais bien contente de m'être fait discrète.
je m'apprêtais à ramasser mes affaires tranquilou, mais non, ce n'était pas fini : il fallait que j'ouvre mon sac pour qu'un des plantons vérifie que je n'y dissimulais pas un quelconque engin explosif, ou une arme de destruction massive quelconque. il faut dire que mon sac à moi, c'est une sorte d'énorme fourre-tout, limite sac de voyage. et à vrai dire, j'y fourre effectivement tout. en plus, vu le poids de plus en plus indécent du truc, j'avais prévu de mettre mon casque de spéléo et de me plonger dans ses entrailles pour en vider le surplus ce week-end. parce que là, je dois avoir environ 5 kilos de tickets de caisse et de facturettes de carte bancaire, une bonne cinquantaine de boîtes de chewing-gums vides, quelques quintaux de kleenex fourrés aux chewing-gums usagés (j'aime pas jeter des trucs par terre, et quand je n'ai pas de poubelle en vue, je mets dans mon sac), et par mystère une game-boy.
l'oeil de lynx du fonctionnaire a su repérer dans tout ce fatras une arme à haute dangerosité, mon couteau suisse. ça fait tellement longtemps que je me le trimballe que j'en oublie sa présence la plupart du temps. outre le fait d'avoir essayé d'introduire cet infâme objet dans un tribunal, il a fallu que je produise ma pièce d'identité en gage pour pouvoir récupérer le tout à ma sortie.
j'ai donc donné mon passeport.
et mon passeport est protégé par une housse en plastique.
décorée de petites betty boop.
je vous laisse imaginer les commentaires...
bref, j'erre quelques instants dans les méandres du tribunal et je trouve ma salle.
vous êtes déjà allés à une audience civile ?
25 pékins sont convoqués au même endroit, à la même heure, pour voir le même juge. leurs avocats sont présents également. mais ça ne se mélange pas, faut pas déconner.
je me retrouve donc assise, à regarder un étonnant ballet de pingouins qui virevoltent en rigolant (s'ils causent à un confrère) ou avec un air grave (s'ils causent à un client, faut bien justifier les honoraires).
n'importe où ailleurs, on passerait par ordre alphabétique, par ordre d'arrivée, par urgence ou par durée prévixible de l'audience.
pas ici, ça serait trop simple.
non, préséance aux gens qui sont venus accompagnés d'un avocat. merdum ! mauvaise pioche, je n'ai pas d'avocat. sous-entendu, ne gâchons pas le précieux temps de nos distingués avocats, alors que la piétaille n'a que ça à foutre de ses journées.
et les avocats s'engueulent entre eux pour savoir dans quel ordre passer. les plus anciens d'abord, et les plus jeunes ensuite. sauf que certains sont sensiblement du même âge, alors ça grogne.
un peu plus tard dans la matinée arrive un vieux mastodonte soufflant comme le chef des éléphants du livre de la jungle. celui-là doit dater de la fin du 19e, parce que tout le monde s'écarte, et il grille toute la file (alors qu'il n'était même pas là depuis 9h l'enfoiré).
on se croirait dans un documentaire animalier.
et on s'emmerde, on s'enquiquine. on ose à peine sortir assouvir quelques besoins naturels ou s'oxygéner à la camel, de peur que notre tour passe en notre absence.
le seul truc qui occupe c'est de mater la tronche des gens qui sortent du bureau de la juge, et d'essayer de deviner s'ils sont contents ou non. mais bon, je m'en lasse vite, d'autant que mon estomac me rappelle que le petit-déj est mort et enterré.
finalement, après 3h35 d'attente, je pénètre enfin dans le saint des saints. les 2 parties sont d'accord et ne souhaitent qu'une validation officielle de cet accord. en 3 minutes c'est plié, au revoir madame, affaire suivante.
pfiou, vu tout le temps que j'ai attendu, j'aurais au moins mérité quelques minutes de causette avec la juge, non ?

la prochaine fois que je dois avoir affaire à la justice, soit je commets un petit délit qui nécessite une comparution immédiate, et je demande au juge de régler mon autre affaire en même temps. soit je me pointe avec un polar de 1500 pages et un panier pique-nique. la justice est peut-être aveugle, mais moi je ne suis pas anorexique !

toute dissemblance avec le moi que vous connaissez n'est que normale, je suis passé du côté obscur.

Par charlie - Publié dans : mésaventures
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